Principales statistiques (annuelles) - Emploi


L’emploi est défini de la manière suivante dans la Résolution concernant les statistiques de la population active, de l’emploi, du chômage et du sous-emploi adoptée par la treizième Conférence internationale des statisticiens du travail (Genève, 1982):

(1) Les «personnes pourvues d’un emploi» comprennent toutes les personnes ayant dépassé un âge spécifié qui se trouvaient, durant une brève période de référence spécifiée telle qu’une semaine ou un jour, dans les catégories suivantes:

(a) «emploi salarié»:
(a1)
«personnes au travail»: personnes qui, durant la période de référence, ont effectué un travail moyennant un salaire ou un traitement en espèces ou en nature;
(a2)
«personnes qui ont un emploi mais qui ne sont pas au travail»: personnes qui, ayant déjà travaillé dans leur emploi actuel, en étaient absentes durant la période de référence et avaient un lien formel avec leur emploi.
Ce lien formel avec l’emploi devrait être déterminé à la lumière des circonstances nationales, par référence à l’un ou plusieurs des critères suivants:
(i)
le service ininterrompu du salaire ou du traitement;
(ii)
une assurance de retour au travail à la fin de la situation d’exception ou un accord sur la date de retour;
(iii)
la durée de l’absence du travail qui, le cas échéant, peut être la durée pendant laquelle les travailleurs peuvent recevoir une indemnisation sans obligation d’accepter d’autres emplois qui leur seraient éventuellement proposés.
(b) «emploi non salarié»:
(b1)
«personnes au travail»: personnes qui, durant la période de référence, ont effectué un travail en vue d’un bénéfice ou d’un gain familial, en espèces ou en nature;
(b2)
«personnes ayant une entreprise mais n’étant pas au travail»: personnes qui, durant la période de référence, avaient une entreprise qui peut être une entreprise industrielle, un commerce, une exploitation agricole ou une entreprise de prestations de services, mais n’étaient temporairement pas au travail pour toute raison spécifique.

(2) Dans la pratique, on peut interpréter la notion de «travail effectué au cours de la période de référence» comme étant un travail d’une durée d’une heure au moins.

(3) Les personnes temporairement absentes de leur travail pour raison de maladie ou d’accident, de congé ou de vacances, de conflit du travail ou de grève, de congé-éducation ou formation, de congé-maternité ou parental, de mauvaise conjoncture économique ou de suspension temporaire du travail due à des causes telles que: conditions météorologiques défavorables, incidents mécaniques ou électriques, pénurie de matières premières ou de combustibles, ou toute autre cause d’absence temporaire avec ou sans autorisation, devraient être considérées comme pourvues d’un emploi salarié, à condition qu’elles aient un lien formel avec leur emploi.

(4) Les employeurs, les personnes travaillant à leur propre compte et les membres des coopératives de producteurs devraient être considérés comme travailleurs non salariés et classés comme «étant au travail» ou «n’étant pas au travail», selon les cas.

(5) Les travailleurs familiaux non rémunérés devraient être considérés comme travailleurs non salariés indépendamment du nombre d’heures de travail effectué durant la période de référence. Les pays qui, pour des raisons particulières, préféraient choisir comme critère une durée minimale de temps de travail pour inclure les travailleurs familiaux non rémunérés parmi les personnes pourvues d’un emploi devraient identifier et classer séparément les personnes de cette catégorie qui ont travaillé moins que le temps prescrit.

(6) Les personnes engagées dans la production de biens et services pour leur propre consommation ou celle du ménage devraient être considérées comme travailleurs non salariés si une telle production apporte une importante contribution à la consommation totale du ménage.

(7) Les apprentis qui ont reçu une rétribution en espèces ou en nature devraient être considérés comme personnes pourvues d’un emploi salarié et classés comme «étant au travail» ou «n’étant pas au travail» sur la même base que les autres catégories de personnes pourvues d’un emploi salarié.

(8) Les étudiants, les personnes s’occupant du foyer et autres personnes principalement engagées dans des activités non économiques durant la période de référence et qui étaient en même temps pourvues d’un emploi salarié ou non salarié comme défini au sous-paragraphe (1) ci-dessus devraient être considérés comme ayant un emploi, sur la même base que les autres catégories de personnes ayant un emploi, et être identifiés séparément lorsque cela est possible.

(9) Les membres des forces armées devraient être inclus parmi les personnes pourvues d’un emploi salarié. Elles devraient comprendre aussi bien les membres permanents que les membres temporaires, comme spécifié dans la plus récente révision de la Classification internationale type des professions (CITP) .

Dans un certain nombre de cas, les définitions nationales de l’emploi peuvent s’écarter de la définition internationale type recommandée 1.

Comme cela apparaît dans les tableaux 2B à 2F de cette nouvelle présentation de l'Annuaire, un nombre croissant de pays ont pu adapter leurs classifications aux structures des classifications internationales, y compris celles ayant été révisées récemment. Lorsqu’un pays a adopté l’une de ces classifications révisées, au cours de la période décennale publiée dans cet Annuaire, les données sont publiées selon l’ancienne et la nouvelle classifications de part et d’autre d’une barre verticale marquant l’introduction d’une nouvelle classification.

La classification selon l’activité économique principale (industrie) est fondamentalement différente de celle selon les principales tâches accomplies (profession). Dans la première, toutes les personnes travaillant dans un établissement donné sont classées dans la même industrie quelles que soient leurs professions. Par contre, dans la seconde, sont regroupées dans une même catégorie toutes les personnes accomplissant le même genre de travail quel que soit le lieu où ce travail est effectué. La plupart des pays ont transmis les données sur la base de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d’activité économique CITI-68 ou CITI Rév 3 et la Classification internationale type des professions CITP-68ou CITP-88 (voir annexe).

Lorsque les données sont présentées selon les classifications nationales, industrielles ou professionnelles, il faut noter que cela tient essentiellement aux nombreuses divergences par rapport aux classifications internationales. La teneur des groupes d’industries ou de professions peut également varier d’un pays à un autre du fait des différentes définitions ou méthodes de classification. De plus, des classifications selon les groupes agrégés peuvent aussi cacher des différences fondamentales dans les systèmes industriels ou professionnels des différents pays.

La Classification internationale d’après la situation dans la profession (CISP) classe les emplois eu égard au type de contrat explicite ou implicite d’une personne avec d’autres personnes ou organisations. Les critères de base retenus pour définir les groupes sont la nature du risque économique encouru ou la nature du contrôle qu’exercent ou exerceront les titulaires sur les entreprises et sur d’autres salariés.

Jusqu’en 1993, les principaux groupes de la CISP étaient les suivants: employeur; personne travaillant pour son propre compte; salarié; travailleur familial non rémunéré et membre d’une coopérative de producteurs. En 1993, la CISP a été révisée et élargie, mais d’une manière telle que les titres de ces principaux groupes n’ont pas été modifiés à l’exception du dernier qui est devenu travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale. Le contenu du groupe personnes travaillant pour leur propre compte a cependant été élargi pour inclure les personnes travaillant dans l’entreprise familiale avec les mêmes responsabilités que le chef de l’entreprise. Ces personnes, généralement des femmes, étaient classées «travailleurs familiaux non rémunérés» dans l’ancienne classification. La CISP révisée a également clarifié les distinctions entre les groupes.

L’expérience a montré que fréquemment, compte tenu de la manière dont les pays mesuraient la «situation dans la profession», la teneur des groupes n’était pas facilement comparable. Par exemple, dans la plupart des pays les propriétaires-gérants d’entreprises constituées en sociétés sont classés dans le groupe des salariés, alors qu’ils le seront dans celui des employeurs dans d’autres pays. Il en est de même pour les travailleurs familiaux qui, percevant régulièrement leur rémunération sous forme de salaire, traitement, primes, rémunération aux pièces ou paiements en nature sont généralement classés comme salariés mais, dans d’autres pays, comme travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale. Une autre difficulté, quant à la comparabilité du nombre de cestravailleurs familiaux, vient du fait que certains pays ne sont pas en mesure de les dénombrer en tant que personnes ayant un emploi. Beaucoup de pays ne pouvant pas distinguer les personnes travaillant pour leur propre compte des employeurs dans leurs observations de base, seule la somme de ces deux catégories est disponible. Certains pays ayant peu de travailleurs membres de coopératives de production peuvent les agréger au groupe des salariés, alors que d’autres le feront avec celui des personnes travaillant à leur propre compte.

Il faut toutefois rappeler que l’objectif des classifications internationales n’est pas de se substituer aux nationales mais de donner un cadre général à la comparaison internationale de ces données. De plus, beaucoup de pays utilisent ces classifications internationales comme cadre lors de l’élaboration ou la révision de leurs classifications.

En général, les données sur l’emploi sont obtenues à partir de quatre sources principales, à savoir: les enquêtes par sondage auprès des ménages, les enquêtes auprès des établissements ou les recensements, les évaluations officielles et les registres administratifs provenant des régimes d’assurances sociales.

Ces quatre sources principales des statistiques d’emploi sont identifiées dans les tableaux de ce chapitre par des codes, entre parenthèses à la droite du nom de pays. Ces codes, définis ci-dessous sont les suivants: (BA), (DA), (E) et (FA).

Source (BA). Enquêtes par sondage sur la main- d’oeuvre. C’est une source d’informations régulières tant sur la main-d’oeuvre totale (personnes occupées et chômeurs) que sur la population inactive totale.

Pour ce qui est de l’emploi total, ces enquêtes couvrent toutes les personnes occupées appartenant à toutes les catégories de situation dans la profession, c’est-à-dire non seulement les salariés (ouvriers et employés), y compris les travailleurs familiaux rémunérés mais également les employeurs, les personnes travaillant pour leur propre compte, les membres de coopératives de producteurs, les travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale et les travailleurs inclassables selon la situation dans la profession.

Source (DA). Enquêtes auprès des établissements. Cette source couvre les travailleurs inscrits sur les bordereaux de salaires au cours d’une période de paie déterminée ou d’un jour de travail de cette période. En général, on distingue deux types d’enquêtes auprès des établissements.

Le premier type de statistiques englobe tous les établissements d’une importance déterminée, c’est-à-dire ceux qui répondent à certains critères (par exemple les entreprises qui occupent plus d’un certain nombre de salariés; celles dont la production annuelle est supérieure à une certaine valeur, etc.). Les données ainsi rassemblées peuvent être sujettes à des écarts systématiques provenant de l’élimination d’établissements qui n’atteignent pas la limite minimale fixée pour ces séries; de plus, un déplacement de l’emploi des petits établissements vers les grands établissements se traduira par une tendance d’augmentation des séries. Toutefois, lorsque la limite minimale est fixée assez bas, le champ de telles séries est généralement très étendu et ces statistiques reflètent assez fidèlement les fluctuations de l’emploi.

Les statistiques du second type reposent sur un échantillon d’établissements. Dans de telles séries, la difficulté principale consiste à conserver aux établissements sélectionnés un caractère représentatif. Par exemple, des variations de la structure industrielle, le développement ou le déclin d’établissements particuliers, le mouvement général de la population ou des changements marqués dans l’activité de certains secteurs économiques ont tendance à introduire un écart systématique cumulatif dans l’échantillon qui, au bout de quelques années, peut devenir sensible.

Dans certains pays où les statistiques du premier type (tous les établissements d’une importance déterminée) ne sont disponibles que tous les ans ou à des intervalles plus longs, elles peuvent être combinées, soit par enchaînement, soit par interpolation, avec les statistiques du second type (échantillon d’établissements) plus fréquemment disponibles.

Source (E). Evaluations officielles. Ces statistiques sont des évaluations officielles fournies par les autorités nationales. De telles estimations sont généralement basées sur une combinaison d’informations tirées d’une ou plusieurs sources mentionnées dans ce texte.

Source (FA). Statistiques d’assurances sociales. Cette source couvre les personnes occupées, protégées par l’assurance maladie, accident ou chômage, ou par un régime analogue. Le nombre de cotisants ou de cotisations versées fournit une mesure des effectifs assurés et occupés (les chômeurs étant dispensés du paiement de leur cotisation). Les personnes travaillant durant une très courte période, qui sont très peu rémunérées ou qui sont au-dessus d’un certain âge, sont quelquefois omises de ces statistiques. Outre les changements intervenant dans le nombre effectif de personnes occupées, les statistiques de l’emploi fondées sur les registres des assurances sociales peuvent également refléter des modifications de portée pour certains groupes classés selon la branche d’activité économique, la profession ou la situation dans la profession.


Tableau 2A - Emploi: niveau général

Les séries d’emploi présentées dans ce tableau couvrent, en principe, toutes les branches d’activité économique ainsi que tous les secteurs. Elles couvrent, autant que possible, toutes les catégories de personnes, quelle que soit leur situation dans la profession. Cependant, il arrive que pour certaines séries, certaines composantes ne sont pas entièrement représentées. Pour chaque série, la catégorie de travailleurs concernés (emploi total, effectif occupé ou salariés) est indiquée au centre de la page. L’inclusion ou non de données sur les forces armées varie selon le pays et, dans la mesure du possible, cela est indiqué dans les notes de bas de page.


Tableau 2B - Emploi total, par activité économique

Ce tableau présente (en nombres absolus) la répartition de la main-d’oeuvre occupée par activité économique, selon la CITI-68 ou la CITI Rév. 3, ou selon l’une et l’autre versions dans tous les cas où la CITI Rév. 3 a été introduite au cours de la période décennale couverte par l’ Annuaire.


Tableau 2C - Emploi total, par profession

Ce tableau présente (en nombres absolus) la répartition de la main-d’oeuvre occupée par profession, selon la CITP-68 ou CITP-88, ou selon l’une et l’autre versions dans tous les cas où la CITP-88 a été introduite au cours de la période décennale couverte par l’ Annuaire.


Tableau 2D - Emploi total, par situation dans la profession

Ce tableau présente la répartition de la main-d’oeuvre occupée selon la situation dans la profession telle que définie dans la Classification internationale d’après la situation dans la profession 1993 (CISP-93).


Tableau 2E - Emploi rémunéré, par activité économique

Dans ce tableau, les séries sur l’emploi rémunéré visent seulement les salariés (ouvriers et employés) et sont essentiellement dérivées d’enquêtes auprès des établissements. Cependant, de telles séries peuvent être dérivées d’autres sources (par exemple, enquêtes sur la main-d’oeuvre, sources administratives) et concerner d’autres catégories de personnes occupées; dans ce dernier cas, cela est indiqué pour chaque série au centre de la page.


Tableau 2F - Emploi rémunéré dans les industries manufacturières

Ce tableau présente des données pour l’ensemble des industries manufacturières et ses composantes, à savoir par classe d’industrie de la CITI-68 (indicatifs à trois chiffres) ou par divisions de la CITI Rév. 3 (indicatifs à deux chiffres 15 à 37). Dans tous les cas où la CITI Rév. 3 a été introduite au cours de la période décennale couverte par l’ Annuaire, les données apparaissent successivement selon l’une et l’autre versions de la CITI.

Les données sur l’emploi rémunéré par activité économique, publiées dans ces tableaux, sont, autant que possible, dérivées des mêmes enquêtes que celles relatives à la durée du travail et aux salaires publiées dans les tableaux correspondants des chapitres 4 et 5.

Lorsque l’on compare les données de l’emploi présentées dans les six tableaux de ce chapitre, il convient de prêter une attention particulière non seulement aux différences entre les sources des données, mais également entre les portées des statistiques publiées. Des indications détaillées sont fournies dans chaque tableau ainsi que dans les notes de bas de page sur les situations dans la profession et sur les branches d’activité économique couvertes, de même que sur la portée géographique et les périodes de référence des séries.

Des versions abrégées des classifications internationales suivantes sont présentées dans l’annexe:

— Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d’activité économique (CITI-68 et CITI Rév. 3).
— Classification internationale type des professions (CITP-68 et CITP-88)
— Classification internationale d’après la situation dans la profession (CISP-93).


Note

1 Pour des renseignements sur les différences de portée, définitions et méthodes de calcul, etc., utilisées pour les diverses séries nationales, voir BIT: Sources et méthodes: statistiques du travail (précédemment Sources et méthodes statistiques), vol. 2: «Emploi, salaires, durée du travail et coût de la main-d’oeuvre (enquête auprès des établissements)», deuxième édition (Genève, 1995); vol. 3 «Population active, emploi, chômage, et durée du travail (enquêtes auprès des ménages)», deuxième édition (Genève, 1991); vol. 4 «Emploi, chômage, salaires et durée du travail (documents administratifs et sources assimilées)» (Genève, 1989). Les volumes 3 et 4 sont disponibles sous forme brochée uniquement en anglais, mais une édition française non brochée peut être obtenue sur demande auprès du Bureau de statistique.