Principales statistiques (annuelles) - Côut de la main-d'oeuvre


Le coût de la main-d'oeuvre est défini comme suit dans la résolution concernant les statistiques du coût de la main-d'oeuvre adoptée par la onzième Conférence internationale des statisticiens du travail (Genève, 1966) 1

3. Aux fins des statistiques du coût de la main-d'oeuvre, celui-ci s'entend du coût supporté par l'employeur pour l'emploi de main-d'oeuvre. La notion statistique du coût de la main-d'oeuvre englobe la rémunération du travail accompli, les versements pour les heures rémunérées mais non effectuées, les primes et gratifications, le coût de la nourriture, des boissons et des autres avantages en nature, les coûts relatifs au logement du personnel supportés par l'employeur, les dépenses de sécurité sociale à la charge de l'employeur, le coût pour l'employeur de la formation professionnelle, les services sociaux et divers postes, tels que le transport des travailleurs, les vêtements de travail et le recrutement, ainsi que les impôts considérés comme coûts de main-d'oeuvre...

La rémunération des salariés a été définie comme suit dans le système de comptabilité nationale, 1967 (SCN) adopté par les Nations Unies 2 :

7.11. La rémunération des salariés comprend tous les paiements effectués par les producteurs sous forme de salaires et traitements en nature aussi bien qu'en espèces, versés à leur personnel et sous forme de cotisations versées au bénéfice de ce personnel à la sécurité sociale, aux systèmes privés de retraite, d'assurance-accident, d'assurance-vie et aux systèmes analogues...

Le coût de la main-d'oeuvre et la rémunération des salariés sont donc des notions très voisines qui ont de nombreux éléments en commun. Le coût de la main-d'oeuvre comprend surtout la rémunération des salariés, les autres postes étant le coût pour l'employeur de la formation professionnelle, les services sociaux (comme les cantines et les services assimilés, les installations des services de caractère éducatif, culturel ou récréatif, les contributions aux mutuelles de crédit et le coût des services connexes dont bénéficient les travailleurs), le coût du recrutement et divers autres postes tels que les vêtements de travail, les frais de transport des travailleurs entre le domicile et le lieu de travail, etc.), ainsi que les impôts considérés comme coûts de main-d'oeuvre. La notion de rémunération des salariés englobe les jetons de présence des administrateurs (qui n'entrent pas dans le «coût de la main-d'oeuvre») et elle exclut les dépenses engagées par l'employeur, telles que les frais d'aménagement du lieu de travail, les examens médicaux, les activités sportives et autres activités de loisirs, ainsi que le remboursement par l'employeur des dépenses supportées par son personnel pour l'achat de vêtements et d'outils de travail.

Le SCN a été révisé en 1993 3 et les éléments constitutifs de la rémunération des salariés ont été en général étendus pour couvrir un certain nombre de services sociaux tels que les installations sportives, récréatives, les centres de vacances, etc. ainsi que divers autres avantages (vêtements de travail portés par les salariés à l'extérieur du lieu de travail et sur le lieu de travail, frais de transport entre le domicile et le lieu de travail, stationnement). Le coût de la main-d'oeuvre et la rémunération des salariés sont ainsi devenus des notions plus étroitement liées. Cependant la plupart des statistiques sur la rémunération des salariés publiées dans ce chapitre sont encore basées sur les directives du SCN de 1967.

Les statistiques figurant dans le présent chapitre se rapportent au coût moyen de la main-d'oeuvre par salarié, ou, dans certains cas, à la rémunération moyenne des salariés. Le niveau et la composition du coût de la main-d'oeuvre varient généralement selon qu'il s'agit d'ouvriers ou d'employés, mais il n'est souvent pas possible de distinguer les coûts de la main-d'oeuvre afférents à chacune de ces deux catégories de travailleurs. En conséquence, à quelques exceptions près, les chiffres indiqués dans le présent chapitre visent tous les salariés, c'est-à-dire les ouvriers et les employés des deux sexes, sans distinction d'âge, de profession, d'expérience, de niveau de qualification, etc. Des données sont présentées séparément pour chaque pays pris dans son ensemble et elles représentent en général la moyenne pendant une année civile. Lorsqu'il n'en est pas ainsi, la portée des statistiques est précisée dans les notes de bas de page.

Le type de statistiques présenté pour chaque pays est indiqué dans le tableau par une des rubriques suivantes:

(L.C.)
Coût de la main-d'oeuvre
(C.R.)
Rémunération des salariés
(h.)
par heure
(d.j.)
par jour
(m.)
par mois
(y.a.)
par an

Pour de multiples raisons, les définitions du coût de la main-d'oeuvre et de la rémunération des salariés adoptées par les divers pays diffèrent souvent des définitions internationales types recommandées. Dans divers pays, certains éléments du coût de la main-d'oeuvre (par exemple les cotisations de sécurité sociale ou les frais de formation professionnelle, en totalité ou en partie) ne sont pas à la charge de l'employeur, mais représentent des dépenses supportées par l'Etat à des fins sociales ou autres. En général, toutefois, l'Etat participe, de concert avec l'employeur et le salarié, au financement des régimes de sécurité sociale rattachés aux salaires, bien que les quotes-parts de l'Etat, de l'employeur et du salarié varient d'un pays à un autre 4 . Les impôts de caractère social payés par les employeurs sont considérés dans certains pays comme faisant partie intégrante du coût de la main-d'oeuvre, notamment ceux qui sont basés sur l'emploi ou sur les bordereaux de salaires. Les concepts nationaux du coût de la main-d'oeuvre peuvent aussi varier du fait des différences existant entre les pays quant aux régimes de pensions, d'assurance santé et d'assurance vie, etc., et en ce qui concerne les impôts et les subventions liés à l'emploi. Les variations des coûts entre pays peuvent ainsi tenir en partie au fait que diverses dépenses sociales sont financées dans certains pays par l'intermédiaire du régime général d'imposition et qu'elles n'entrent donc pas dans le coût de la main-d'oeuvre, alors que dans d'autres pays elles sont financées par des contributions directes de l'employeur.

Les différences entre les statistiques nationales s'expliquent aussi par la diversité de sources, de portée et de méthodes utilisées pour déterminer le coût de la main-d'oeuvre. Les principales sources de données sur le coût de la main-d'oeuvre comprennent les enquêtes auprès des établissements enquêtes sur le coût de la main-d'oeuvre ou enquêtes ou recensements industriels bien que, dans certains pays, les estimations officielles du coût de la main-d'oeuvre soient faites sur la base de données provenant de sources multiples (enquêtes courantes sur les gains, dossiers administratifs des organismes de sécurité sociale, organisations d'employeurs, etc.).

Les enquêtes sur le coût de la main-d'oeuvre ont pour principal objet de rassembler des données sur le niveau, la composition et l'évolution du coût de la main-d'oeuvre pour l'employeur. Ces données sont notamment utilisées pour analyser la structure du coût de la main-d'oeuvre et les rapports existant entre ses différents éléments constitutifs. Les recensements et enquêtes industriels ont pour principal objet d'évaluer la consommation et la production brutes et nettes de l'industrie (y compris la rémunération des salariés) et de faire d'autres estimations qui permettent d'étudier la structure de l'industrie et les divers facteurs qui influent sur l'industrie. Les estimations officielles servent, en règle générale comme indicateurs de l'évolution du coût total de la main-d'oeuvre, et sont calculées aux intervalles d'un trimestre ou d'une année.

Les enquêtes sur le coût de la main-d'oeuvre sont généralement des enquêtes par sondage auprès des établissements ou des entreprises, qui portent sur les établissements au-dessus d'une certaine taille (d'ordinaire, ceux dont l'effectif dépasse un nombre donné de travailleurs), et qui sont menées tous les trois ans ou à des intervalles de temps plus grands. En règle générale, ces enquêtes visent les ouvriers et les employés, en excluant les travailleurs à domicile, les administrateurs recevant des jetons de présence, les personnes payées uniquement à la commission et les propriétaires exploitants. Généralement, on rassemble des données détaillées concernant le coût de la main-d'oeuvre et ses éléments constitutifs, ainsi que des informations sur la structure de l'emploi correspondant et les caractéristiques des établissements. Dans certains pays, les enquêtes sur le coût de la main-d'oeuvre servent également à recueillir des informations supplémentaires sur les pratiques et les méthodes adoptées par les établissements, qui influent sur le niveau, la composition et l'évolution du coût de la main-d'oeuvre, comme le système de rémunération des heures non effectuées, les régimes de sécurité sociale et de pensions, et les modes de financement de ces régimes, les impôts basés sur les bordereaux de salaires, etc.

Les données sur la rémunération des salariés sont généralement obtenues au moyen de recensements ou d'enquêtes industriels, organisés chaque année ou à des intervalles de temps plus espacés, et qui visent les établissements ou entreprises au-dessus d'une taille donnée. Ces informations se rapportent d'ordinaire aux ouvriers et aux employés. Néanmoins, dans certains cas, les propriétaires exploitants et les personnes payées uniquement à la commission sont couverts aussi bien que les salariés. Outre les données sur la rémunération des salariés, ces enquêtes fournissent des renseignements sur d'autres facteurs de production, comme les matières premières, les combustibles, etc., la production, la valeur ajoutée, les stocks, les effectifs, l'actif, la formation de capital, etc. On n'a besoin généralement que d'estimations globales de sorte que, en principe, on ne rassemble pas de données distinctes sur les divers éléments constitutifs de la rémunération des salariés, ni sur les différentes caractéristiques des salariés.

Les séries statistiques obtenues au moyen d'enquêtes sur le coût de la main-d'oeuvre ou de recensements ou d'enquêtes industriels peuvent varier d'une période à une autre en fonction de la structure industrielle, de la structure de l'emploi et des taux d'activité, ainsi que de la croissance ou du déclin des établissements. De plus, ces données peuvent subir un écart systématique et être faussées à cause de l'exclusion d'établissements qui sont en deçà d'une certaine taille.

Il conviendra de ne pas perdre de vue, en utilisant les données pour faire des comparaisons au niveau national ou international, les différences qui peuvent exister quant aux définitions, à la portée, au champ d'application et aux méthodes retenues pour le rassemblement de ces données et pour leur présentation. Il convient de se rappeler, lorsqu'on utilise ces données pour faire des comparaisons entre pays, que de nombreux facteurs influent sur le coût de la main-d'oeuvre, comme le financement des systèmes de sécurité sociale, les systèmes d'imposition ou de subventions, etc.

Il y a lieu de prendre beaucoup de soin en utilisant les chiffres concurremment avec des données figurant dans d'autres chapitres de cet annuaire ou d'autres sources. Cela ne peut être fait que lorsqu'il existe une correspondance très proche entre les définitions, la portée et les méthodes d'établissement des séries, et la présentation des données.

Pour des renseignements complémentaires, voir BIT: Un système intégré de statistiques des salaires: manuel de méthodologie (Genève, 1980), et Sources et méthodes: statistiques du travail, vol. 2 «Emploi, salaires, durée du travail et coût de la main-d'oeuvre (enquêtes auprès des établissements)», deuxième édition (Genève, 1995).


Tableau 6A - Coût de la main-d'oeuvre dans les industries manufacturières

Ce tableau présente les données sur le coût moyen de la main-d'oeuvre par salarié pour l'ensemble des industries manufacturières et par grand groupe ou branche d'industrie. Le type de source des séries apparaît sous la forme d'un code entre parenthèses placé après le nom du pays et les codes sont énumérés page XVI. Dans la mesure du possible, les différentes industries manufacturières ont été ordonnées conformément à la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITI) Révision 3 ou à sa version précédente, la CITI Révision 2 (voir annexe) avec les numéros de code correspondants. Les divergences sont indiquées en notes de bas de page.


Notes

1 Pour le texte intégral de la résolution, voir BIT: Recommandations internationales en vigueur sur les statistiques du travail (Genève, 1988).

2 Pour le texte intégral, voir Nations Unies: ASystème de comptabilité nationale, Etudes méthodologiques, série F, n o 2, rév. 3 (New York, 1970).

3 Pour le texte intégral, voir « Système de comptabilité nationale, 1993», préparé sous les auspices du Groupe de travail inter-secrétariat sur la comptabilité nationale (Bruxelles/Luxembourg, New York, Paris, Washington, DC, 1993).

4 Pour des renseignements complémentaires concernant les régimes nationaux de sécurité sociale et leur financement, voir BIT: Le coût de la sécurité sociale, Quatorzième enquête internationale, 1987-1989 (Genève, 1995).